Les intellectualités

                                                                                 les cris vains – kataba alkatibou
résidu, 
comme d’la bière su’l plancher, 
qui colle aux baskets, j’veux dire aux souliers
l’huile de coude ça fait rien
plus tu frottes, plus ça pue
moins ça part, plus ça reste
ça s’imprègne dans l’plancher
à jamais trempé 
tellement que d’l’intérieur 
les bibittes y résident
ben packtées
sauf que
chuk chuk chukran
en-d’sous des shoeclack
kuć kuć kuća 
en-d’sous des chouclaques
imagine en plus si
l’résidu yé visqueux
žo žori žorič
comme un walkie-talkie, d’la statique, un scratch; 
prémices de techno-house
y’en a qu’yarrivent à mieux prononcer qu’d’aut
y’a des sons qui vont mieux dans certaines bouches
pis c’est érotique
l’être et le néant 
le devenir à la négative qui en découv’e un aut’e
aussi sensuel que l’silence d’une photo qui s’révèle dans l’temps
ou comme l’attente quand tu baisses tes joggings
la révélation
moi j’cherche loin dans l’passé, dans mon corps, dans ma gorge
le ayn, le ‘ ou encore 3
une irritation gutturale multiple
comme s’gargariser au rince-bouche
la tête par en arrière
comme quand tu chock un deep throat
la tête tirée par en arrière
le brûlant thé au na3na3 vient l’apaiser
après avoir trop essayé de retrouver le passé
jamais vécu
celui du ayn, le son que je ne sais prononcer
savoir, c’est pouvoir
celui du ayn, le son que je ne peux prononcer
sans l’habileté, c’est quoi d’bord pouvoir?
esti d’incapâb’
habilité, habileté, débilité
t’es débile ou quoi
résidus indélébiles,
comme quand j’m’étouffe dans mes rêves pis dans mes peurs
quand j’remets le son absent
j’chock, j’tousse
comme avec le hchich dur et amer du bled
kateb yacine me l’a shot
l’incapacité, la débilité
une absence de relations
une trace inhabilitée
celle d’une socialité institutionnalisée qui t’a oublié-e
pendant un jeu d’mémoire
le passé est scripté
pour te faire oublier 
ton corps inhabile à marcher, à prononcer, à s’rappler
le corps « achevé à la pisse »
l’odeur de l’ascenseur qui r’monte qui r’descend dans un néant qu’yen fini pu
la joke, c’est qu’le p’tit pois, c’est moi
coincé en d’dans comme dans mes rêves
où la survivance du souvenir
est l’hantise du mouvement et du son
je synthétise l’onde en signal
un signal extra terrestre résiduel
une autre galaxie
un autre univers,
celui d’à côté p’t-être,
qu’yaurait ben pu arriver mais qui n’est plus
reste juste à r’monter la machine à proton
y tirer un ou deux coups
jusqu’à diffusion,
une projection inter-galactique
où le big bang, big chukran, or whatever it is,
est le sens qui réalise être sens
une conscience qui in-dé-forme, élance
expand les limites de l’imaginaire
no border they yell
In Space No One Can Hear You Scream
anyway, on n’aura qu’à signer pour lutter
les photons circulent, eux aut’
la lumière fixe, totale, émouvante
quand vous m’regardez, chu statique ou mouvant?
chu une onde ou une particule? 
quand t’observes pis que le chercheur dort
les photons font la fête et l’onde s’arrête
ça s’ramasse le lend’main matin su'l
plancher qui fait crouč crouč makrout
un je-ne-sais-quoi qui colle,
un résidu qui sent bon
qui sent bon l’chez-nous.

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